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Construction 3D : votre maison en 24 h !

Après les objets en plastique et les pièces en alliage métallique, les concepteurs d’imprimantes 3D ont franchi un nouveau cap. Le béton et d’autres composites servent désormais d’encre et sont utilisés pour fabriquer des maisons. En France, ce vent de nouveauté souffle sur le département du Nord qui finance l’élaboration d’une résidence universitaire.

Depuis fin 2014, une poignée de spécialistes du bâtiment et de l’impression 3D planchent sur la réalisation d’une résidence pour abriter les étudiants sur le campus du Pont de Bois. La vice-présidente Enseignement supérieur au conseil régional espère qu’elle verra le jour avant la fin de l’année. Une première en France, comme à l’échelle européenne. Une gageure ? Le conseil d’experts réuni pour l’occasion se heurte à des problèmes de normes. Car la législation existante est sans voix sur ces méthodes de fabrication. Tout est à réinventer.

impression3D

Les premières maisons ont vu le jour

Un des experts appelés, l’association Constructions 3D, a déjà lancé de son côté une maison destinée aux sans-abri. Un projet humanitaire et collaboratif, qui s’inspire de la méthode crafting contours mis au point par l’université américaine de Californie du Sud emmenée par le professeur Behrokh Khoshnevis.  « Il s’agit d’un bras articulé qui élève les murs. Nous travaillons sur un composite ultra rapide en séchage, car il prend en 40 secondes », relève fièrement Antoine Motte, l’un de ses concepteurs.

Liberté d’imaginer

Plus besoin des habituels coffrages à béton, la machine se déplace sur la chappe initiale, déposant couche après couche, et laissant libre cours à l’imagination des architectes. Une maison en forme de nuage ou d’octogone ? Pas de souci. La machine traduit en quelques heures le produit imaginé par son concepteur. Et si cela évolue à l’image des autres produits à imprimer en 3D, les plans seront téléchargeables sur une interface opensource.

Et l’isolation dans tout cela ?

Si aujourd’hui du polyuréthane est envoyé entre les parois, il est possible de glisser n’importe quel produit d’isolation, et demain celui-ci sera peut-être lui-même imprimé. Idem pour les câbles qui sont aujourd’hui passés à la main, entre deux couches. Là aussi, l’expérience seule permettra d’optimiser le coefficient.

Une incroyable baisse des prix

Une fois la machine amortie, il n’y aura plus que la matière première à payer, qui peut être locale, comme le sable, ou à base de matières recyclées. L’association française Constructions 3D mise sur un coût de 5 000 euros maximum. Pour le Conseil économique social et environnemental (Cese), qui vient de sortir un rapport sur le sujet, les professionnels du BTP sont appelés à « réfléchir sérieusement aux possibilités nouvelles offertes par l’impression 3D qui présente des avantages tangibles en termes d’optimisation des ressources naturelles en n’utilisant que les quantités strictement nécessaires. Cela conduit aussi à des économies d’énergie », expliquent les auteurs du rapport du Cese. Une matière qui est posée, uniquement où le besoin se fait sentir. Cette forme de treillis permet d’économiser près de 60 % de matière. Les géants du BTP planchent déjà de leur côté. Car de sérieux concurrents se sont déclarés, comme le Chinois Winsun qui après avoir imprimé et assemblé 10 maisons en 24 heures, pour moins de 4 000 euros viendrait de signer un contrat de 20 000 maisons en Égypte. La révolution est en marche.

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