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La yourte : habiter "autrement"

Vous l’aurez sans doute remarqué, vivre au contact de la nature a le vent en poupe. Bon nombre de Français sont séduits, l’espace d’un week-end ou d’une semaine, et tentent l’aventure dans une yourte, une roulotte, une cabane dans les arbres ou, plus traditionnellement, dans un mobil-home ou une caravane. Or, qu’en est-il si vous souhaitez adopter ce mode de vie au quotidien ? En avez-vous le droit ?

Avis à ceux qui souhaitent plus de verdure et moins de béton, aux retraités qui se verraient bien couler des jours heureux en Robinson Crusoé modernes et à tous les autres qui rêvent d’un nouvel art de vivre… Les réponses à vos questions, c’est par ici !

Habiter « autrement » au cœur des débats d’experts

Depuis quelques années maintenant, beaucoup de résidents en yourte ont été poursuivis en justice. En cause : la nature même, d’un point vue juridique, de ces tentes ancestrales originaires d’Asie centrale. Prenons l’exemple de ce couple de trentenaires qui avait installé un modèle de la sorte dans un champ en Ariège, prêté par un voisin. À l’origine de la discorde, la préfecture, qui invoque une violation du code de l’urbanisme malgré le soutien des habitants et du maire en personne, ravis de voir deux « petits jeunes » s’installer et redonner de la vie au village. Après moult années de procédure, la justice a finalement donné raison aux deux Ariègeois, qui n’auront pas à détruire leur yourte. Mais pour autant, la loi n’en est pas plus claire en ce domaine…

La yourte, une tente ou une construction ?

Toute la complexité réside dans le fait que les yourtes font partie, au même titre que les caravanes et les mobil-homes, de la catégorie des habitations légères de loisirs. Dans ce cas, elles devront être déplacées ou démontées tous les trois mois, puisque dès lors qu’une construction a une durée d’installation supérieure à ce délai, elle est soumise aux prescriptions d’urbanisme en vigueur. Cependant, avec le nouveau permis de construire instauré le 1er janvier 2012, une simple demande préalable en mairie suffit pour les constructions comprises entre 2 et 40 m². Au-delà, il faut demander un permis de construire. Si certains partisans rejettent la notion de construction, puisqu’une yourte est une tente démontable inventée par des nomades, d’autres rétorquent que les abris, même sans fondation, requièrent une déclaration de travaux.

Vous l’aurez compris, le cas des yourtes divise les tribunaux. Il est au cœur d’un véritable vide juridique, dans lequel de nombreux textes annexes en matière d’hygiène, de sécurité, de carte communale et d’urbanisme viennent se mêler.

Avant de se lancer et pour un projet pérenne

•    Peu importe le nombre de m², une visite en mairie et une discussion avec le service de l’urbanisme sont de mise. Sur un terrain déjà pourvu d’une construction, une déclaration s’impose si la yourte fait moins de 40 m². Au-delà, il faut faire une demande de permis.

•    Assurez-vous que la situation ne soit pas considérée comme du camping sauvage. Si le terrain est nu, un permis de construire est obligatoire, quelle que soit la superficie.

•    Soyez vigilant quant à la présence, à proximité de votre terrain, d’un lieu historique ou si votre terrain prend place dans une zone protégée. Votre projet en serait fortement compromis.

Et vous, aimeriez-vous vivre dans une yourte ? Trouvez-vous les démarches confuses ou, au contraire, pensez-vous que ces habitats sont dangereux et favorisent le logement précaire ?

 

 

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