appartement - Le Blog immobilier de Logic-immo

Crise d’impatience

La chronique de Gabriel Milesi Pas de commentaire

Gabriel Milesi
Crise d’impatience. Apportés par les
dernières bourrasques hivernales les
nuages n’en finissent pas de
s’accumuler. En commençant par la
hausse des matières premières
alimentaires qui fait des ravages dans le
panier de la ménagère. Si en Europe,
selon les chiffres officiels, l’inflation a
progressé de 3,3% en un an le sentiment
général est que l’on assiste à une réelle
flambée.Comme la météo, ou l’on
constate un décalage entre les
températures relevées sous abris et
celles que l’on perçoit dans la rue, il
existe désormais les prix constatés par les statisticiens et les prix ressentis. Et il n’y a pas que l’assiette. Faire le plein ou se chauffer est devenu ruineux.
Et pendant ce temps, les salaires stagnent. Pendant ce temps encore, les franchises médicales rognent un peu plus le porte-monnaie. Quant aux loyers, ils battent des records.

On comprend alors que les Français s’inquiètent. D’autant qu’ils sont déjà très endettés : les dernières enquêtes montrent que les emprunts représentent désormais prés de 64% de leur revenu disponible.

Et si au moins les perspectives laissaient envisager le retour des beaux jours ! Mais où que l’on tourne le regard, l’horizon est sombre. Les places financières n’en finissent pas de s’effondrer, l’euro ne cesse de s’apprécier, le livret A rapporte peu, les délocalisations poursuivent leur marche forcée et l’ est en train de baisser la tête. Bref, aussi bien du coté du consommateur que du salarié ou de l’épargnant, partout on se demande où l’on va.

Les autorités internationales se montrent alarmistes. Le patron du FMI, le français Dominique Strauss Khan, estime, par exemple, que la crise va durer assez longtemps et aura de graves conséquences économiques. Nul ne sera épargné, selon lui, les pays émergents comme les autres.

Que peut faire la France dans ces conditions ? Ses marges de manœuvres budgétaires sont équivalentes à zéro. Et le moindre dérapage serait sanctionné par Bruxelles qui nous fait les gros yeux depuis pas mal de temps.
Selon le parti socialiste, vainqueur des élections municipales : il faut revenir sur la politique menée jusqu’à présent. Mais ce n’est pas ce que disent les sondages. Majoritairement les Français se prononcent pour une poursuite des réformes. Manifestement, ils ont pris conscience que l’immobilisme ne menait qu’au déclin.

L’inconvénient des réformes est qu’elles coûtent cher, qu’elles exigent des sacrifices et que l’on en perçoit les effets positifs qu’avec retard.

Or comme Antigone, les Français veulent « tout, tout de suite ». Ils veulent des réformes, une modernisation du pays mais ils exigent aussi plus de protection et plus de pouvoir d’achat.

La marche de l’économie française repose en grande partie sur la consommation. Seul le retour de la confiance peut remettre en marche cet important moteur. Il appartient donc au gouvernement de montrer le cap, de tracer des perspectives, d’expliquer, de prêcher, la patience et de calmer les inquiétudes. Il suffit de regarder autour de nous pour voir que les pays qui ont osé se remettre en question résistent mieux dans la tempête.

Quant aux socialistes, au pouvoir dans la plupart des villes et des régions du pays, ils ont désormais, entre les mains, une grande partie de l’aide sociale et notamment du logement social. Ce n’est pas parce que les prix ont tendance à baisser (de 3% à 4% en moyenne cette année selon la plupart des experts) - après une hausse de plus de 100% depuis 2000 -, que ce problème majeur des Français va se régler comme par miracle. Les maires et les collectivités locales, grâce à la décentralisation disposent de pouvoirs et de moyens. Aux nouveaux élus de jouer !

Gabriel

Tags: , , , ,

logic-immo