La chronique de Gabriel Milesi - Le Blog immobilier de Logic-immo

Lunettes noires et champagne.

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Gabriel MilesiLunettes noires et champagne.

Les Français ont le moral dans les chaussettes. Et il y a, en effet, de quoi être inquiet ! Faut-il est être pessimiste pour autant ? Certes, chaque jour apporte son lot de chiffres mais selon que les lunettes sont noires ou roses, la vision du monde change. Or en ce moment, la mode est aux lunettes noires !

Les ménages français, n’ont pas tort. Ils attendaient une hausse de leur pouvoir d’achat. Ils constatent que les salaires restent plats mais que les prix s’envolent. Et comme on leur répète que tout va mal, que les caisses sont vides, que le Président n’a pas tenu ses promesses de hausse du pouvoir d’achat, les comptes sont donc vite faits et l’avenir apparaît incertain.

Mais, la même enquête montre aussi que les Français sont moins nombreux à penser qu’il est opportun d’épargner et s’ils envisagent avec crainte la situation générale, ils voient avec plus de calme leur situation personnelle. Quant aux perspectives du chômage, malgré la remontée de janvier, elles n’ont rien d’inquiétant : janvier est traditionnellement mauvais. Plus significatif en revanche : en un an, le nombre de demandeur d’emploi a diminué de 170 000.

Mais quand on veut être pessimiste, on a toutes les raisons de le faire: hausse du pétrole, hausse de l’euro, hausse de l’inflation, crainte de récession aux Etats-Unis, décrochages des marchés financiers … sans oublier toutes les contraintes quotidiennes qui briment peu à peu les libertés, il y a de quoi déprimer !

Toutefois, la situation est elle aussi grave ?

Pour les marchés financiers il n’y a aucun doute. Mais ils portent une lourde responsabilité dans la morosité de cette fin d’hiver. Autant, ils ont été capables de peindre l’avenir sous les couleurs les plus belles, autant, aujourd’hui, ils broient du noir. Question d’optique ! Mais du même coup, ils sapent la confiance, ce qui fini par leur donner raison.

La réalité pourtant n’est pas si sombre. Certains experts, par exemple, annoncent depuis quelques mois, un quasi remake de 1929. Or les Etats-Unis ont enregistré au quatrième trimestre de l’an dernier une progression de leur économie de 0,6%, ce qui n’est pas si mal, par rapport aux performances européennes. Et que croyez vous qu’il arriva ? Les marchés y ont vu le signe que la catastrophe était bien là et la bourse a encore baissé.

Pour cause de ralentissement attendu de l’économie, les prix du pétrole ont chuté. Puis ils sont remontés par crainte de pénurie, entraînant une nouvelle recul de la bourse qui n’est pas à une contradiction prés.

Depuis des mois encore, certains annoncent un éclatement de la bulle immobilière. Et de claironner que nous y sommes puisque le nombre de demande de permis de construire et les ventes de logement neuf ont reculé au dernier trimestre. Mais le ministère concerné précise que ces chiffres sont à prendre avec précaution à cause de la réforme du droit des sols. Quant à l’immobilier en général, les derniers chiffres des notaires (troisième trimestre 2007) montrent que les prix continuent de grimper et que les transactions ne faiblissent pas. Les besoins de se loger restent toujours aussi importants. Et ce n’est pas la maison à 15 euros par jour qui va changer la donne !

Alors que se passe-t-il ? Les marchés financiers broient du noir pour se faire pardonner, sans doute, de ne pas avoir vu venir certaines anomalies. Comme ils ne savent pas quoi faire des milliards de dollars de liquidité qu’ils ont accumulés, ils cherchent de nouveaux placements rentables. La bourse c’est non ! Comme ils ont décidé, en outre, qu’il fallait faire une croix sur l’immobilier, ils se sont reportés sur les matières premières provoquant un surcroît d’inflation, ce qui les inquiète et fait de nouveau chuter la bourse.

Trop de mauvaises nouvelles ou simple excès de pessimisme ?

Pendant ce temps, en tout cas, la Chine, l’Inde et tant d’autres pays émergents continuent de progresser à grande vitesse, avec appétit pour les produits occidentaux. Et pendant ce temps curieusement, les ventes de champagne battent des records dans le monde entier, y compris en France.

La bulle, les conjoncturistes et le moral des troupes.

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Gabriel MilesiLa bulle, les conjoncturistes et le moral des troupes.

De nombreuses banques ont désormais le pied sur le frein du crédit. Hier, elles en accordaient à tour de bras, aujourd’hui elles rechignent. La crise des subprimes qui a frappé les Etats-Unis, est passée par là et le monde a brusquement changé. Le balancier est reparti dans le sens négatif. Cette volte face est inquiétante car elle pourrait être porteuse de nuées et aggraver une situation déjà fragile.

La planète financière se comporte désormais comme si monde était un tout, passant à la même moulinette l’ensemble des emprunteurs. Pascal écrivait en son temps : « vérité en deçà, erreur au-delà ». Aujourd’hui, globalisation oblige, tout le monde est logé à la même enseigne. Et pourtant que de différences !

Il est vrai que si l’on veut broyer du noir, les mauvaises nouvelles ne manquent pas. L’OCDE revoit en baisse ses prévisions de croissance, les conjoncturistes s’alarment, le monde entier s’inquiète.

Aux Etats-Unis, les banques saisissant les biens immobiliers qu’elles ont financé sans discernement, prés de deux millions de personnes pourraient se retrouver à la rue, ce qui entraînerait des troubles sociaux mais aussi une chute des prix de l’immobilier. La crise américaine aura sûrement des répercussions sur le reste du monde mais l’effondrement général n’est pas pour demain.

En France aussi, la situation n’est guère brillante. La ministre de l’économie s’efforce d’annoncer que la croissance sera de 2% cette année, les experts la contredisent en permanence. Et les chiffres aussi : l’Hexagone s’est contenté l’an dernier d’un maigre 1,9% d’augmentation de son activité.

Et pourtant, mois après mois, le chômage diminue avec les effets bénéfiques que cela suppose sur la croissance et les comptes sociaux. Les mesures de soutien au pouvoir d’achat ont été adoptées. Elles permettent de puiser dans la participation, ce qui viendra s’ajouter à la revalorisation des retraites et autres largesses gouvernementales. Mais surtout la possibilité existe désormais de défiscaliser les intérêts des emprunts ce qui pourraient compenser la hausse des taux qui s’amorce. A cette nuance prés que Bercy, comme d’habitude, s’est arrangé pour raboter la mesure imposée par le Président de la République en imposant des plafonds.

Il est vrai aussi que la tendance actuelle sur le marché de l’immobilier, est à la baisse, ou plutôt à la pause, selon les derniers chiffres des professionnels. Mais pas tous et pas partout ! Et quoi de plus normal après des années de vive progression ? Faut-il pour autant s’affoler ?
Certes non, car l’immobilier reste une valeur sûre loin des aléas de la planète financière, parce qu’il est concret et qu’il répond à de véritables besoins. Parce qu’il permet de se loger, d’être bien chez soi, ce qui n’est pas le cas d’une action. Et il pourrait l’être encore davantage si l’Etat ne le considérait pas comme une vache à lait facile à traire.

Un peu partout les mauvaises statistiques chassent les bonnes. Un peu partout les pessimistes prennent le dessus. Les Cassandre finissent toujours par avoir raison mais il suffit que Warren Buffet, le sage, propose un plan pour reprendre les grandes compagnies de réassurance pour que la bourse s’envole. Il suffit que quelques sociétés publient de bons résultats et comme par magie, le pessimisme prend un coup de soleil. Ce n’est pas parce que certains ont commis des erreurs, ont cherché à exploiter des clients crédules qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain.

Gabriel Milesi

Hausse ou Baisse???

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Gabriel MilesiLes emprunteurs immobiliers sont les premiers concernés par l’évolution des taux d’intérêts. Or la conjoncture économique n’a jamais été aussi incertaine sur ce plan et la question de la tendance à venir quant à la hausse ou la baisse des taux d’intérêts est au coeur de notre actualité.

Elles doivent être longues, les nuits des banquiers centraux, à retourner sans cesse, la même question dans leur tête ! Faut-il monter ou faut-il baisser ? Entre les deux, leur raison balance.

Que s’est-il donc passé pour que l’année nouvelle s’ouvre sur cette terrible interrogation qui a de quoi glacer la planète, tant les conséquences peuvent provoquer des dégâts ? Rien d’imprévisible mais des tendances qui n’en finissent pas de s’affirmer et qui pourraient bousculer l’ordre économique !

Les Etats-Unis commencent à ressentir les effets de la crise des subprimes. L’économie déprime. Le secteur de la construction s’essouffle, la consommation diminue et le chômage augmente, tandis que les prix ont tendance à accélérer.

En Europe, où l’on connaissait déjà une croissance poussive, voilà que l’inflation redresse la tête. L’envolée des prix du pétrole, la hausse des produits alimentaires, le renchérissement des matières premières tirent les indices vers le haut. En décembre, dans la zone euro, l’inflation, en rythme annuel a atteint 3,1%. C’est beaucoup trop ! Les textes prévoient qu’elle ne doit pas dépasser 2%. Et rien ne dit que cela va s’arrêter. Au contraire : les prix à la production des produits industriels augmentent encore plus vite.
Alors que faire ? L’arme absolue des banquiers centraux c’est le coût de l’argent. Pour lutter contre l’inflation on monte les taux. Pour relancer la croissance, on les baisse.

Mais, quand l’argent est cher, les entreprises investissent moins, la consommation diminue et le chômage augmente. Augmenter les taux d’intérêts, aux Etats-Unis comme en Europe, risque donc de provoquer une récession. Qui veut prendre une telle responsabilité ?

Cependant, ne rien faire est tout aussi grave. Pour reprendre une formule chère à Jean Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne: « une fois que le dentifrice est sorti du tube, il est impossible de le faire rentrer ». Or, l’inflation est un mal terrible qui rogne le pouvoir d’achat avec une lente et redoutable efficacité.

Faut-il donc baisser ou faut-il monter ? Le problème se complique encore pour deux raisons. Premièrement les banques doivent se refaire une santé après les mésaventures des subprimes. Monter les taux pourrait les mettre sur la paille. Deuxièmement, les impératifs des uns et des autres. La Banque centrale européenne doit maintenir la stabilité des prix. La FED, la banque centrale américaine, doit aussi encourager la croissance.

Logiquement donc les taux devraient augmenter en Europe et baisser aux Etats-Unis. Ce qui conduirait à une nouvelle baisse du dollar et à une remontée de l’euro donc à une aggravation de la récession en Europe et à une augmentation de l’inflation aux Etats-Unis. Alors que faire sinon un compromis : une petite hausse ici, une petite baisse là ?

L’économie mondiale est sans doute en train de se rééquilibrer entre emprunteurs et épargnants. Pour l’instant encore, les emprunteurs sont privilégiés. Les taux réels n’ont jamais été aussi bas entre inflation et argent bon marché. Mais régulièrement, la planète financière se réchauffe : une fois pour les uns, une fois pour les autres.

Gabriel Milesi

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Augmentation du pouvoir d’achat : Les potions magiques ne sont pas sans danger.

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Gabriel MilesiLe Père Noel ne peut distribuer que ce qu’il a dans sa hotte.

Comme celle de la France est pleine de dette et que Nicolas Sarkozy veut un beau Noel pour ses compatriotes, il a fait le plein d’imagination en redistribuant aux Français l’argent qui leur appartient. La technique est aussi vieille que la politique. Mais attention car cette potion magique pourrait être pire que le mal.

Pour améliorer le pouvoir d’achat, le Président a découvert une nouvelle cagnotte, celle des locataires. Depuis des temps lointains, ceux-ci, versent aux propriétaires des sommes importantes, sorte de sésame qui leur permet d’entrer dans les lieux et qui sont destinées à couvrir d’éventuels dégâts et d’éventuels impayés.

La caution ne représentera plus désormais qu’un mois de loyer au lieu de deux ou trois. Bravo, disent les locataires et particulièrement les jeunes. En effet, pour un jeune qui doit s’installer, qui tire déjà le diable par la queue, verser un seul mois de caution est une aubaine.

Pour les syndics en revanche, quel casse tête ! Les voilà contraints de restituer les sommes trop perçues, selon les dernières normes. Nul doute qu’ils se mettront en conformité. Mais que se passera-t-il pour le petit propriétaire ? Ouvrira-t-il aisément son appartement à un jeune quant il redoute un déménagement à la cloche de bois. Un seul mois de loyer ne lui donne plus de garantie suffisante.

Certes, Nicolas Sarkozy a prévu de mettre en place un service public de garantie des loyers impayés. Mais on imagine mal comment un tel service peut fonctionner quand l’Etat non seulement est impécunieux mais en plus, est tenu par une Constitution qui prévoit désormais un droit au logement. Et que penser de cette nationalisation rampante ? Les agents immobiliers ont mis en place depuis longtemps des dispositifs de garantie. Voilà tout d’un coup que l’Etat décide de rayer leurs efforts d’un trait de plume, comme s’ils n’avaient jamais rien fait, comme si leur capacité d’expertise n’était que poussière que l’on peut balayer ! Au risque de les dévaloriser.

Dans la hotte du Père Noel figure aussi une mesure qui impose désormais une indexation des loyers sur l’indice des prix et non plus sur l’indice de la construction. Bravo, disent encore les locataires ! Ce nouveau système devrait calmer la course folle des loyers. Mais les propriétaires, dont les dépenses sont alignées sur l’indice de la construction risquent non seulement de déchanter mais aussi et surtout de constater que l’investissement immobilier, déjà soumis à une fiscalité exubérante, est de moins en moins rentable ! Et donc de se tourner vers des placements plus favorables.

On pourrait alors aboutir à une situation étrange ou pour favoriser le pouvoir d’achat des uns on décourage les propriétaires, on se met à dos les syndics et les agents immobiliers avec le risque d’aboutir à une crise du logement dont finalement les locataires pourraient faire les frais. Les potions magiques sont à manipuler avec précautions !

Gabriel Milesi

Crise du crédit immobilier aux Etats-Unis :variable = cabossable

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Gabriel MilesiTout bon Français se doit de râler. Contre le gouvernement, contre la vie chère, contre le mauvais temps… Mais attention à ne pas se tromper de cible !

Jamais le coût de l’argent n’avait été aussi bas. Fallait-il alors tenter de grappiller encore quelques centimes en optant pour des crédits à taux variable ? De toute évidence, le pari était risqué car les taux ne pouvaient que remonter. Pourquoi les emprunteurs se sont ils donc lancés dans de telles opérations ? Sans doute par méconnaissance des mécanismes, par manque d’information, par naïveté.

En revanche, les banquiers, eux, savaient. Pourquoi alors, ont-ils proposé une solution aussi risquée à leurs clients ? Ni par méconnaissance ni par naïveté ! On n’ose imaginer qu’ils cherchaient à grappiller quelques euros de plus à des clients déjà peu fortunés.Le résultat en tout cas est sans appel. Les emprunteurs sont à la peine, le gouvernement se fâche et les banquiers en seront sans doute pour leur frais.

Heureusement, en France cette pratique du taux variable, est peu répandue. Ce qui n’est pas le ca en revanche,aux Etats-Unis où les banques n’ont pas hésité à prêter à tour de bras, à taux variable, en toute connaissance, à des gens qui n’avaient pas la surface financière suffisante. Les taux sont remontés et arriva ce qui devait arriver : les emprunteurs ne peuvent plus rembourser et rejouant le scénario de l’arroseur arrosé, les banques se sont retrouvées dans le rouge.

Ce qui ne serait qu’un moindre mal, si cela n’entraînait des remous dans la sphère financière et surtout dans l’économie mondiale. Avec pour conséquence une chute de la bourse, un ralentissement de la croissance, une hausse du chômage et une augmentation de la misère.

Dans ce cas, qui est responsable de la baisse du pouvoir d’achat ? Une fois de plus, les banquiers se sont lancés sans réfléchir, sur des marchés périlleux. Et tout le monde en paye les conséquences.

 

Editorial: G.Milesi

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