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La place de l’immobilier dans le patrimoine des membres du gouvernement

Sur la base des chiffres mentionnés dans les déclarations de patrimoine effectuées par les membres du Gouvernement auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie, Meilleurtaux.com s’est intéressé à la place de l’immobilier. En effet, avec l’assurance-vie, la « pierre » est le placement préféré des ministres, devant les livrets d’épargne (Livret A, PEL, CEL), les livrets bancaires et les placements financiers (compte-titres, PEA).

Pour ceux qui détiennent un crédit immobilier, les experts de Meilleurtaux.com ont réalisé des simulations afin d’évaluer la pertinence d’une renégociation de crédit. En prenant pour référence la grille tarifaire standard des banques, il apparaît que plusieurs ministres ont intérêt à demander une révision de leur prêt pour bénéficier d’un taux plus attractif, avec des économies substantielles à la clé.

Voici, pour chaque ministre, un point sur les biens qu’il détient, et si un crédit immobilier existe, une éventuelle recommandation de renégociation assortie d’une estimation des économies potentielles.

Ceux qui ont intérêt à effectuer une renégociation

Édouard Philippe – Premier ministre

Il détient un crédit immobilier contracté en juin 2010 à un taux de 4 % selon les estimations du courtier. Sur la période de remboursement restante (9 ans et 5 mois), une renégociation à 0,90 % permettrait d’obtenir une nouvelle mensualité de 3 158 euros et une économie globale de 38 373 euros. Une révision urgente de ses conditions de prêt s’impose.

 

Nicole Belloubet – Ministre de la Justice

Elle a contracté un crédit immobilier en novembre 2006 à un taux de 3,60 % selon les calculs de Meilleurtaux.com. Alors qu’elle déclare une mensualité de 2 057 euros, celle-ci s’élève en réalité à 2 223 euros.

Une renégociation à un taux de 0,90 % sur les 8 ans et 3 mois restants permettrait de faire baisser le montant de chaque mensualité à 2 194 euros et de gagner 18 451 euros sur les intérêts. L’opération doit se faire rapidement pour éviter de réduire davantage les économies potentielles.

Sophie Cluzel – Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées

Elle est propriétaire de plusieurs biens.

Elle a en outre plusieurs crédits en cours de remboursement. Celui souscrit en octobre 2016 dans un contexte de taux d’intérêt très faibles doit être laissé en l’état. Un autre signé en 2009 aurait pu permettre des économies importantes s’il avait été renégocié plus tôt, mais l’opération ne présente plus d’intérêt à l’heure actuelle, le capital restant dû étant très faible.

En revanche, un troisième crédit datant de septembre 2013 peut lui faire gagner une somme conséquente. Alors que le taux initial était de 3,65 % selon les estimations, une renégociation sur les 9 ans et 9 mois restants à un taux de 1,12 % ferait baisser la mensualité à 717 euros, pour une économie totale de 8 586 euros.

Christophe Castaner – Secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement

Il possède une résidence principale et une résidence secondaire toutes les deux situées dans le département des Alpes de Haute-Provence (04).

En décembre 2014, il a contracté un crédit immobilier de 220 000 euros sur 15 ans pour une mensualité de 1 300 euros, qui correspond à un taux de 0,90 %, trop faible pour l’époque. Par ailleurs, en juin 2017, il déclare un capital restant dû de 191 773 euros, soit un taux de 3 % plus cohérent avec les barèmes de décembre 2014. La mensualité devrait alors être de 1 519 euros au lieu de 1 300 euros.

Une renégociation s’impose en urgence puisqu’il reste encore 11 ans. À un taux de 1 %, il peut faire baisser le montant de chaque échéance à 1 512 euros et économiser au total 17 725 euros, ou réduire la durée de son endettement de 11 mois.

 

Benjamin Griveaux – Secrétaire d’État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement

Il possède une résidence principale.

Il détient par ailleurs un crédit immobilier souscrit pour 20 ans en août 2009 à un taux de 3,40 % (d’après nos calculs, basés sur les chiffres déclarés). Une renégociation à un taux de 1 % produirait une mensualité de 2 282 euros, soit un total de 31 223 euros d’économies sur les 10 ans restants ou une possibilité de réduire la durée de remboursement de 1 an.

Il doit donc contacter rapidement sa banque pour demander l’octroi de conditions d’emprunt plus compétitives.

Mounir Mahjoubi – Secrétaire d’État chargé du Numérique

Sur les 5 crédits qu’il est en train de rembourser, 3 sont des crédits immobiliers et 2, des prêts à la consommation. Leur regroupement sous un contrat unique à un taux d’intérêt de 2,04 % sur 17 ans lui permettrait d’économiser 914 euros par mois.

 

Ceux qui n’ont plus intérêt à renégocier leur crédit

Gérard Collomb – Ministre de l’Intérieur

Son crédit immobilier est sur le point d’être soldé, donc il est inutile pour lui de se lancer dans une renégociation.

 

Florence Parly – Ministre des Armées

Elle a souscrit en août 2006 un emprunt immobilier remboursable sur 13 ans. Le contrat arrivant bientôt à échéance, une renégociation ne présente plus d’intérêt.

 

Genevieve Darrieussecq – Secrétaire d’État (Armées)

Son crédit arrivant à échéance, il n’y a plus d’avantages à obtenir d’une renégociation.

 

Laura Flessel – Ministre des Sports

Propriétaire de sa résidence principale et d’un bien d’une superficie de 73 m² situé dans un DROM, elle est en train de finir de rembourser son crédit immobilier.

 

Marlène Schiappa – Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes

Propriétaire d’une maison individuelle dans la Sarthe, elle a su profiter de la chute des taux d’intérêt à leur niveau le plus bas en effectuant une renégociation de crédit fin 2016.

Jacqueline Gourault – Ministre sans portefeuille (Écologie)

Elle possède plusieurs biens.

En 2003, elle a contracté auprès du Sénat un emprunt immobilier de 330 550 euros sur 17 ans. Sur la base de la mensualité déclarée, le taux initial était de 4,50 %. En juillet 2017, il lui restait 111 855 euros à rembourser. Une renégociation aurait pu lui faire économiser quelques milliers d’euros !

 

Sébastien Lecornu – Secrétaire d’État (Transition écologique et solidaire)

Il a souscrit un crédit en 2016 dans un contexte de taux d’intérêt faibles, et n’a par conséquent aucun avantage à tirer d’une renégociation de prêt.

 

Jean-Yves Le Drian – Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

Ayant souscrit son crédit immobilier en mai 2017, il a pu décrocher un taux très compétitif, donc une renégociation n’est pas pertinente.

En revanche, il peut envisager un changement d’assurance emprunteur. La loi Hamon lui permet en effet, pendant les douze mois consécutifs à la signature de son contrat de prêt, de faire jouer la concurrence et opter pour l’offre d’un assureur autre que la banque, à condition de trouver une formule qui présente des garanties au moins équivalentes à celles de son contrat actuel et de respecter un préavis de 15 jours. Si le délai est trop court, l’amendement Bourquin autorise la résiliation annuelle au-delà de la première année.

Agnès Buzyn – Ministre des Solidarités et de la Santé

Elle a souscrit un crédit immobilier en mai 2017 à un taux encore très intéressant.

Pour réduire sa dette, un changement d’assurance emprunteur est conseillé. En vertu de la loi Hamon, cette démarche est possible pendant la première année du prêt sous réserve de respecter la condition d’équivalence des garanties et de notifier la banque au plus tard 15 jours avant la date anniversaire du contrat. Il lui reste suffisamment de temps pour se lancer, sinon au-delà du mois de mai, il peut faire jouer les dispositions de l’amendement Bourquin relatives à la résiliation annuelle de l’assurance emprunteur.

Elle détient également un prêt travaux sur lequel elle doit encore rembourser 173 841 euros. Si le taux initial est de 6,20 % comme l’indiquent nos estimations, une renégociation à un taux de 0,95 % lui permettrait de raccourcir la durée de remboursement à 5 ans et 8 mois (au lieu de 6 ans et 3 mois) et d’économiser 21 410 euros.

 

Jean-Baptiste Lemoyne – Secrétaire d’État (Europe et Affaires étrangères)

Il a souscrit un crédit en mars 2017 et a pu ainsi bénéficier de conditions très attractives.

En revanche, puisque son prêt se situe encore dans sa première année, un changement d’assurance emprunteur dans le cadre de la loi Hamon permettrait des économies substantielles. Deux conditions doivent être respectées : l’équivalence des garanties entre les deux contrats (contrat actuel et contrat de substitution) et un préavis de 15 jours pour la demande de résiliation envoyée à la banque. Si le délai est trop court, il peut faire jouer l’amendement Bourquin qui autorise la résiliation annuelle de l’assurance chaque année après le premier anniversaire du contrat.

 

Ceux dont les déclarations présentent des incohérences

Stéphane Travert – Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Ayant souscrit en 2001 un emprunt immobilier de 6 555 euros remboursable sur 214 mois à raison de 593 euros par mois, il aurait encore 12 148 euros à payer, soit davantage que le capital de départ. Ces données sont à vérifier.

 

Annick Girardin – Ministre des Outre-Mer

Elle détient deux crédits immobiliers dont un de 266 000 euros, qui concerne un logement de 40 m² situé dans Paris, et présente des incohérences. Souscrit en 2009 auprès de l’Assemblée nationale, il serait remboursable sur 10 ans à raison de 1 680 euros par mois, ce qui correspond à un taux d’intérêt négatif !

Elle est en outre propriétaire d’une maison de 220 m² financée par un prêt dont le capital restant à payer s’élève à 3 400 euros.

 

Élisabeth Borne – Ministre chargée des Transports

Elle est propriétaire de sa résidence principale située dans la capitale et d’un logement locatif.

En octobre 2015, elle a signé un crédit immobilier de 210 000 euros remboursable sur 9 ans. Si l’on prend comme base de calcul la mensualité de 2 322 euros déclarée, le taux d’intérêt serait d’environ 4 % alors que pour un tel investissement à cette période, la moyenne du marché avoisinait 2,5 %.

 

Julien Denormandie – Secrétaire d’État sans portefeuille (Cohésion des territoires)

Il possède un bien d’une superficie de 100 m² à Paris.

Il est détenteur d’un crédit immobilier de 288 000 euros souscrit en novembre 2015 pour 20 ans. Étonnamment, la mensualité déclarée de 1 200 euros correspond à un taux de 0,10 %. Par ailleurs, le capital restant dû indiqué est de 128 972 euros alors que même avec le taux très faible affiché, il devrait rester plus 250 000 euros à rembourser.

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