février 2008 - Le Blog immobilier de Logic-immo

La bulle, les conjoncturistes et le moral des troupes.

La chronique de Gabriel Milesi 1 Comment

Gabriel MilesiLa bulle, les conjoncturistes et le moral des troupes.

De nombreuses banques ont désormais le pied sur le frein du crédit. Hier, elles en accordaient à tour de bras, aujourd’hui elles rechignent. La crise des subprimes qui a frappé les Etats-Unis, est passée par là et le monde a brusquement changé. Le balancier est reparti dans le sens négatif. Cette volte face est inquiétante car elle pourrait être porteuse de nuées et aggraver une situation déjà fragile.

La planète financière se comporte désormais comme si monde était un tout, passant à la même moulinette l’ensemble des emprunteurs. Pascal écrivait en son temps : « vérité en deçà, erreur au-delà ». Aujourd’hui, globalisation oblige, tout le monde est logé à la même enseigne. Et pourtant que de différences !

Il est vrai que si l’on veut broyer du noir, les mauvaises nouvelles ne manquent pas. L’OCDE revoit en baisse ses prévisions de croissance, les conjoncturistes s’alarment, le monde entier s’inquiète.

Aux Etats-Unis, les banques saisissant les biens immobiliers qu’elles ont financé sans discernement, prés de deux millions de personnes pourraient se retrouver à la rue, ce qui entraînerait des troubles sociaux mais aussi une chute des prix de l’immobilier. La crise américaine aura sûrement des répercussions sur le reste du monde mais l’effondrement général n’est pas pour demain.

En France aussi, la situation n’est guère brillante. La ministre de l’économie s’efforce d’annoncer que la croissance sera de 2% cette année, les experts la contredisent en permanence. Et les chiffres aussi : l’Hexagone s’est contenté l’an dernier d’un maigre 1,9% d’augmentation de son activité.

Et pourtant, mois après mois, le chômage diminue avec les effets bénéfiques que cela suppose sur la croissance et les comptes sociaux. Les mesures de soutien au pouvoir d’achat ont été adoptées. Elles permettent de puiser dans la participation, ce qui viendra s’ajouter à la revalorisation des retraites et autres largesses gouvernementales. Mais surtout la possibilité existe désormais de défiscaliser les intérêts des emprunts ce qui pourraient compenser la hausse des taux qui s’amorce. A cette nuance prés que Bercy, comme d’habitude, s’est arrangé pour raboter la mesure imposée par le Président de la République en imposant des plafonds.

Il est vrai aussi que la tendance actuelle sur le marché de l’immobilier, est à la baisse, ou plutôt à la pause, selon les derniers chiffres des professionnels. Mais pas tous et pas partout ! Et quoi de plus normal après des années de vive progression ? Faut-il pour autant s’affoler ?
Certes non, car l’immobilier reste une valeur sûre loin des aléas de la planète financière, parce qu’il est concret et qu’il répond à de véritables besoins. Parce qu’il permet de se loger, d’être bien chez soi, ce qui n’est pas le cas d’une action. Et il pourrait l’être encore davantage si l’Etat ne le considérait pas comme une vache à lait facile à traire.

Un peu partout les mauvaises statistiques chassent les bonnes. Un peu partout les pessimistes prennent le dessus. Les Cassandre finissent toujours par avoir raison mais il suffit que Warren Buffet, le sage, propose un plan pour reprendre les grandes compagnies de réassurance pour que la bourse s’envole. Il suffit que quelques sociétés publient de bons résultats et comme par magie, le pessimisme prend un coup de soleil. Ce n’est pas parce que certains ont commis des erreurs, ont cherché à exploiter des clients crédules qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain.

Gabriel Milesi

Demeures & Châteaux: 30ème anniversaire

Lux-residence Pas de commentaire

Demeures & Châteaux
1978 – 2008 :
Demeures & Châteaux, 30 années d’exception

Acheter une maison ancienne de caractère n’est pas qu’une question d’argent. C’est avant tout une histoire de passion.

Le magazine Demeures & Châteaux fête ses 30 ans. En feuilletant le premier numéro de la lignée, impossible de ne pas sombrer dans un brin de nostalgie. Vendu 20 francs, ce magazine de 40 pages daté du printemps 1978 inaugurait une nouvelle famille de presse, consacrée à l’immobilier haut de gamme.
Au dos de sa couverture légèrement jaunie, une publicité pour un célèbre apéritif italien. Personne ne juge nécessaire de nous y mettre en garde contre les dangers de l’alcool… Les numéros de téléphone des annonceurs - essentiellement des notaires – ne comportent que six chiffres, à part ceux des Parisiens, qui en comptent déjà sept. Point de fax (qui savait même que cela existait ?), parfois un télex. Les photos des publicités sont généralement en noir et blanc, tandis que devant les portails des propriétés présentées stationnent des Simca 1100 et des Citroën Ami 6. Que ce temps semble lointain, à l’heure du wi-fi, de la photo numérique et du téléphone portable.
Tout aurait-il vraiment changé ? Pas si sûr. Rendons-nous à une évidence : passent les époques et les technologies, les châteaux présentés en nos pages sont toujours les mêmes ! Ce qui est un heureux gage de leur transmission aux générations futures.
Au moment de refermer ce Demeures & Châteaux datant de 1978, interrogeons-nous, enfin, sur la puissance d’Internet. Ce média de l’instantané, outil merveilleux au quotidien, ne laisse aucune trace palpable de son existence virtuelle. Alors que le bon vieux papier affronte, preuves à l’appui, les décennies sans frémir.

En contrepartie de l’âme…

Est-il besoin de rappeler l’intemporelle modernité de notre patrimoine ? Passent les décennies et les générations, la France reste égale à elle-même. Il suffit pour s’en convaincre d’aller le nez au vent traîner ses bottes en caoutchouc sur les sentiers douaniers du littoral breton, de volontairement s’égarer dans le bocage normand ou de se plonger dans la touffeur des causses corréziens. On y entend toujours la même musique, toujours le même refrain. La France du XXIe siècle reste un pays rural, ses villages composent un maillage plus serré qu’un tapis d’Ispahan. Et les villes, me direz-vous ? Aussi importantes soient-elles – que cela soit par leur démographie, leur industrie, leur architecture ou leur patrimoine historique – elles ne sont que terres d’émigration pour des campagnards en mal de réussite.
Il n’y a point de passéisme dans ce raisonnement. Bien au contraire. Car c’est en s’arc-boutant sur hier que l’on construit demain. Se sont lourdement trompés ceux qui ont souhaité, après-guerre, révolutionner le tissu humain séculaire à coups de barres de béton surpeuplées. Qu’elles fussent cités-dortoirs installées en périphérie des centres urbains, ou complexes touristiques plantés au pied des pistes de ski et accrochés sur le sable méditerranéen pour célébrer la civilisation des loisirs, elles apparaissent prématurément vieillies. Utiles, parfois indispensables, mais déjà démodées. Alors que la moindre grange périgourdine voit s’envoler sa cote, été après été…
Que les choses soient claires, il est évident que tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir un château.
Il n’empêche…
Il n’empêche que les demeures anciennes proposées à la vente ne sont pas forcément plus chères que leurs cousines neuves ou contemporaines. Elles demandent en revanche plus d’entretien, plus d’amour. Une juste contrepartie pour le supplément d’âme qu’elles apporteront à leur futur propriétaire.
Cela s’appelle la passion. Notre moteur depuis 30 ans.

Laurent Caillaud
Rédacteur en chef
laurent.caillaud@spir.fr

Demeures & Châteaux, en kiosque. 10 €.

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