Hausse ou Baisse???
22 janvier 2008 La chronique de Gabriel Milesi Pas de commentaire
Les emprunteurs immobiliers sont les premiers concernés par l’évolution des taux d’intérêts. Or la conjoncture économique n’a jamais été aussi incertaine sur ce plan et la question de la tendance à venir quant à la hausse ou la baisse des taux d’intérêts est au coeur de notre actualité.
Elles doivent être longues, les nuits des banquiers centraux, à retourner sans cesse, la même question dans leur tête ! Faut-il monter ou faut-il baisser ? Entre les deux, leur raison balance.
Que s’est-il donc passé pour que l’année nouvelle s’ouvre sur cette terrible interrogation qui a de quoi glacer la planète, tant les conséquences peuvent provoquer des dégâts ? Rien d’imprévisible mais des tendances qui n’en finissent pas de s’affirmer et qui pourraient bousculer l’ordre économique !
Les Etats-Unis commencent à ressentir les effets de la crise des subprimes. L’économie déprime. Le secteur de la construction s’essouffle, la consommation diminue et le chômage augmente, tandis que les prix ont tendance à accélérer.
En Europe, où l’on connaissait déjà une croissance poussive, voilà que l’inflation redresse la tête. L’envolée des prix du pétrole, la hausse des produits alimentaires, le renchérissement des matières premières tirent les indices vers le haut. En décembre, dans la zone euro, l’inflation, en rythme annuel a atteint 3,1%. C’est beaucoup trop ! Les textes prévoient qu’elle ne doit pas dépasser 2%. Et rien ne dit que cela va s’arrêter. Au contraire : les prix à la production des produits industriels augmentent encore plus vite.
Alors que faire ? L’arme absolue des banquiers centraux c’est le coût de l’argent. Pour lutter contre l’inflation on monte les taux. Pour relancer la croissance, on les baisse.
Mais, quand l’argent est cher, les entreprises investissent moins, la consommation diminue et le chômage augmente. Augmenter les taux d’intérêts, aux Etats-Unis comme en Europe, risque donc de provoquer une récession. Qui veut prendre une telle responsabilité ?
Cependant, ne rien faire est tout aussi grave. Pour reprendre une formule chère à Jean Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne: « une fois que le dentifrice est sorti du tube, il est impossible de le faire rentrer ». Or, l’inflation est un mal terrible qui rogne le pouvoir d’achat avec une lente et redoutable efficacité.
Faut-il donc baisser ou faut-il monter ? Le problème se complique encore pour deux raisons. Premièrement les banques doivent se refaire une santé après les mésaventures des subprimes. Monter les taux pourrait les mettre sur la paille. Deuxièmement, les impératifs des uns et des autres. La Banque centrale européenne doit maintenir la stabilité des prix. La FED, la banque centrale américaine, doit aussi encourager la croissance.
Logiquement donc les taux devraient augmenter en Europe et baisser aux Etats-Unis. Ce qui conduirait à une nouvelle baisse du dollar et à une remontée de l’euro donc à une aggravation de la récession en Europe et à une augmentation de l’inflation aux Etats-Unis. Alors que faire sinon un compromis : une petite hausse ici, une petite baisse là ?
L’économie mondiale est sans doute en train de se rééquilibrer entre emprunteurs et épargnants. Pour l’instant encore, les emprunteurs sont privilégiés. Les taux réels n’ont jamais été aussi bas entre inflation et argent bon marché. Mais régulièrement, la planète financière se réchauffe : une fois pour les uns, une fois pour les autres.
Gabriel Milesi
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